Notre pause à Darwin se termine. Les pneus sont chauds pour avaler l’asphalte. Direction l’Ouest et sa côte de la Western Australia. Depuis le parc de Litchfield, dernier arrêt dans la région de Darwin, nous remettons le cap vers Katherine où nous ferons un dernier plein d’eau, d’essence et de courses d’appoint. Une fois au complet, nous prenons la direction de la Stuart Highway, bifurquons sur la Victoria Highway avant d’attaquer la Great Northern Highway. En fait nous rejoindrons Broome par le célèbre itinéraire de la Savannah Way. Malheureusement ne voyageant pas en 4×4, nous ne pouvons emprunter la Gibb River Road qui traverse le Parc National des Kimberley d’Est en Ouest de Darwin à Broome. La zone n’est en effet constituée que de pistes parfois de sable et la grande difficulté réside dans le passage de plus d’une dizaine de lits de rivière dont le débit est encore assez important en cette période de l’année. Il faudra donc revenir en Australie pour faire là encore ce « petit » bout de cet immense pays.

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Passage de la Quarantaine domestique entre les territoires du Northern Territory (NT) et du Western Australia (WA)

Nous roulons une bonne partie de la journée depuis Katherine et nous voici sur le point d’atteindre la frontière d’un nouvel état australien : le Western Australia. Il est déjà 16h et nous ne voulons pas traîner car il nous reste encore 20km pour atteindre notre bivouac. D’après les infos qu’on nous avait donné, cette frontière est moins exigeante que celle entre le New South Wales et le South Australia.

On s’arrête au check point de la Quarantaine, confiants, d’autant qu’on a fait toutes nos courses la veille à Katherine. Un agent de la Quarantaine rentre dans le camping-car et nous demande si nous avons des fruits et des légumes frais. Il nous prend notre bac à légumes, descend d’Elliot et vide l’intégralité de son contenu à la poubelle. Steph sous le choc lance un grand « Nooooooon ! ». On est super surpris car on ne s’attendait pas à cela. L’agent constatant notre désarroi à la vue de ces dizaines de dollars partis à la poubelle en un clin d’oeil, nous propose exceptionnellement de récupérer nos fruits et légumes à condition de les cuisiner tout de suite et de lui montrer les épluchures. Ni une ni deux, Steph court à la poubelle tout récupérer (si si elle l’a fait d’autant que tout était emballé). Après réflexion et vu l’heure, on décide de rebrousser chemin pour se trouver un bivouac dans le Northern Territory afin d’avoir le temps de cuisiner pour le dîner. Nous prévenons donc l’agent de la Quarantaine et nous mettons d’accords sur le fait qu’on lui présentera demain nos déchets organiques. Avant de partir, il nous rappelle juste de bien respecter la Quarantaine sinon il sera contraint d’appeler la police ! Message clairement reçu !

Pour ne pas trop reculer, nous décidons de bivouaquer sur l’aire de repos des camions située une dizaine de kilomètres avant la Quarantaine, en espérant que ce ne soit pas le défilé de road-trains cette nuit. On se met donc tous les 4 à éplucher bananes, clémentines, pommes pour faire une grosse salade de fruits. Les tomates toutes fraiches termineront en tomates à la provençale, les 10 avocats en méga guacamole et les 4 kilos de pomme de terre en purée ou pomme de terre sautées ! Dire que tout ça constitue normalement plusieurs jours de repas. Enfin, au moins ce ne sera pas jeté. Nous n’aurons bien évidemment pas tout mangé ce soir-là mais tant que tout est cuisiné, nous sommes en règle.

Nous repassons donc le lendemain matin par la Quarantaine. L’agent que nous avions vu la veille n’est pas là c’est donc un de ses collègues qui se charge de notre inspection et autant dire que celui-là est nettement moins sympa. On lui remet notre sac de déchets organiques, mais il inspecte quand même notre frigo mais également tous nos placards ! Rien à signaler, on passe. Ca, c’est fait !

Donc avis aux prochains voyageurs, ne faites pas la même erreur que nous. N’achetez ou ne transportez AUCUN fruit ou légume dans votre véhicule, vous n’aurez alors pas de mauvaise surprise. Après Katherine (NT), il vous sera ensuite possible de refaire des courses à moins de 100km après le check-point, à Kununura (WA).

Pour plus d’infos sur la Quarantaine, lisez notre article Road Trip dans l’Outback entre Sydney et Katherine

Baobabs et Paysage de Savane

Après plusieurs dizaines de kilomètres, nous découvrons des paysages totalement différents de ceux que nous connaissions jusqu’alors en Australie. On se croirait presque au coeur de la savane africaine avec ces herbes hautes jaune paille et ces baobabs qui sortent de nulle part. On a troqué la terre rouge du Red Center par un sol plus jaune à l’instar des hautes herbes qui l’habillent. En arrière-plan, des falaises rouges subliment le panorama déjà exceptionnel. Au coucher du soleil, c’est tout bonnement envoutant. Une sorte d’avant-goût de ce qui nous attend en Afrique !

Par ailleurs, depuis Katherine, sur les bords des routes et dans les champs, des monticules de terre apparaissent régulièrement. Mais qu’est-ce que c’est? Les taupes d’ici peuvent-elles faire des butes de terre aussi hautes, parfois plus de 2 mètres? Nous mettrons un moment avant d’apprendre que les responsables de ces irrégularités sont les termites. Ces insectes dont la réputation est exécrable, sont en dehors des villes, considérés comme des bienfaitrices puisqu’elles jouent le rôle d’agent nettoyeur et « fertilisateur » du bush australien. Leur activité permet de recycler les déchets de la nature et fournissent dans les zones arides, un habitat idéal à bon nombre de mammifères (chauve-souris, oiseaux, reptiles,…).

La forme de leur monticule varie en fonction de l’espèce qui l’habrite. On les appelle des Cathedral Mounds, Magnetic Thermite Mounds ou encore Low Mounts. Certains habitants les habillent d’un t-shirt !

Lake Argyle

Nous approchons du fameux Lake Argyle que l’on parvient à deviner derrière les falaises, tant sa couleur bleu profond contraste avec le reste du paysage. Après 35km depuis la Victoria Highway, nous l’atteignons après être passé devant le camping littéralement bondé, malgré un prix d’entrée élevé. Ce lac est si grand (1’000km2) qu’on ne parvient pas à voir les berges opposées. Cette immense retenue d’eau fut creusée par la main de l’homme il y a 43 ans en vue d’alimenter en eau toute la région et de permettre l’irrigation des 29’000 hectares d’exploitations agricoles. Depuis le lookout, le point de vue est exceptionnel. Nous y découvrons également le système de barrage qui régule la hauteur du lac, bien que celui-ci ne fut rempli à son maximum que deux fois en un demi-siècle. La création de ce lac a permis le développement de 26 espèces de poissons et de 25’000 crocodiles d’eau douce (Freshwater crocodiles, communément appelés ici les Freshies en opposition aux Saltwater crododiles, les Salties). Vous pouvez donc oublier la baignade !

Certains locaux y viennent avec leur petite embarcation pour profiter du spectacle exceptionnel qu’offre le coucher de soleil sur le lac et les falaises rouges environnantes. Deux agences de tourisme ont même fait livrer deux grands catamarans sur lesquels il est possible de faire une croisière au crépuscule. Mais comme d’habitude, les prix pratiqués sont prohibitifs (pour une famille, comptez entre AU$200-560 en fonction de la formule choisie!).

Nous décidons de rester un moment dans le coin et descendons en contre-bas dans l’aire de pique-nique qui offre de grands espaces verts bien ombragés. Comme il fait chaud – 35 degrés- nous nous installons à l’ombre d’un arbre et déplions tables et chaises de camping pour y déjeuner paisiblement et faire une bonne séance d’école avant de repartir vers Kununura.

Pour plus d’infos sur les crocodiles d’Australie, lisez l’article de Gaspard XXX

Kununura

On accélère un peu sur les derniers kilomètres avant Kunurara car l’on craint d’arriver trop tard à l’office du tourisme de la ville qui devrait fermer à 17h. Il est 16h55 quand nous parvenons devant le Visitor Center. Steph saute du camping-car pour ne pas perdre une minute mais elle trouve porte close. Ici, l’office du tourisme ferme à 16h!

En changeant d’état, nous sommes désormais passé sur le fuseau horaire de Perth et avons donc reculé nos montres de 1h30. Dans le Western Australia, le jour se lève donc vers 5h00-5h30 mais le soleil se couche entre 16h30-17h. Il fait nuit noire à 17h30 raison pour laquelle les boutiques ouvrent ici vers 8h et ferment par contre très tôt. Un nouveau rythme qu’il va nous falloir adopter très vite au risque de ne pas faire grand chose de nos journées.

Après un arrêt rapide au supermarché Coles de la ville, histoire de refaire le plein de fruits et légumes frais, nous nous mettons en quête de trouver un lieu de bivouac dans Kununura. Nous sommes en effet contraints de revenir demain matin à l’office du tourisme pour savoir si oui ou non nous pourrons aller avec notre camping-car, au Bungle Bungle – Purnululu National Park. Nous avons entendu tout et son contraire au sujet des conditions d’accès de ce parc. Malheureusement, il n’y a pas de site de bivouac gratuit aux alentours de Kununura. Il faudrait faire au moins 40km au sud de la ville. N’étant pas disposés à rouler par cette heure tardive ni à payer AU$40 pour une nuit en camping, pour la première fois en Australie, nous décidons de faire du camping sauvage. Après avoir tourné un moment dans Kununura, on décide de se poser discrètement sur le parking de l’aéroport. On se dit que vu la taille de la ville, il ne doit pas y avoir beaucoup d’avions. Fenêtres et portes fermées, on se fait tout petit pour ne pas attirer l’attention et risquer une amende.

Mais très tôt dès le lendemain matin, ce lieu se révèlera être un mauvais choix. Lever du soleil à 5h…début du traffic aérien à 5h30 ! La nuit fut courte et nous sommes décalqués comme si on venait de se prendre un gros décalage horaire. Se lever aux aurores ce n’est pas franchement notre truc…enfin surtout pour les filles de la famille.

7 heures de gré ou de force toute la petite famille se lève et nous décidons d’aller prendre notre petit déjeuner devant l’office du tourisme pour ne pas éveiller les soupçons sur cette nuit de bivouac sauvage. En outre, les bureaux du Visitor Center ouvrant à 8h, nous serons alors aux premières loges pour y aller dès l’ouverture. Mais c’est sans compter cette série de loupés/retards que nous allons enchainer à Kununura ! Nous sommes jeudi et le jeudi à l’office du tourisme de la ville, il y a formation de 8h à 9h. Donc les lieux n’ouvrent au public qu’a 9h !! Nous qui voulions partir en balade de bonne heure, c’est râpé. On patiente donc en rangeant Elliot et finissons enfin par obtenir les infos tant attendues. Malheureusement, c’est cuit pour aller en camping-car au Bungle Bungle – Purnululu National Park. Le parc est exclusivement accessible aux 4X4 bien que la route d’accès ait été améliorée l’année dernière. Le problème n’est pas/plus d’y arriver mais de circuler dans le parc car là aussi, pistes de sable et passage de lits de rivière attendent les visiteurs. Les autorités ont donc formellement interdit l’entrée au parc à tout véhicule excepté les 4X4. Nous sommes super déçus. En compensation, on nous indique le Mirima National Parc qui ce veut être une mini version du Bungle-Bungle. Nous décidons donc d’y aller après avoir acheté pour le lendemain nos permis d’entrée pour le El Questro Wilderness Park que nous ne pourrons  visiter qu’en partie certes, mais nous verrons la fameuse Emma Gorge. Allez en route, pour le Mirima National Park suivi d’une baignade dans la cascade de El Grotto.

Mirima National Park, le petit Bungle Bungle

Situé à quelques kilomètres seulement de Kununura, nous atteignons aisément Mirima National Park. Nous décidons de faire la grande balade malgré la chaleur et les plaintes de Gaspard, pas décidé ce matin à marcher. La boucle est facile et le point de vue en haut de la plateforme, très beau. Toutefois, l’ensemble n’est pas aussi grandiose que les Bungles Bungles. Nous aurons juste un petit aperçu de ces buttes caractéristiques du Purnululu National Park. Les enfants en profitent pour faire des tours de pierre avec les cailloux. Il est temps de redescendre et d’aller se rafraichir à la cascade d’El Grotto.

La cascade d’El Grotto vs Careglass répart Careglass remplace!

Après cette jolie balade dans le parc de Mirima, nous décidons de nous mettre en chemin pour la cascade d’El Grotto. Il fait chaud et nous sommes particulièrement fatigués aujourd’hui, on décide donc de ne pas trop rouler et d’aller se rafraichir avant d’aller bivouaquer vers Windham, la ville la plus au nord d’Australie. Nous prévoyons d’aller voir le coucher de soleil depuis le site de Five Rivers. De là, nous aurons une vue imprenable sur le lieu où les fleuves King, Pentecost, Forrest, Ord et Durack se rejoignent.

Mais Kununura nous porte la pouasse car d’El Grotto, nous ne verrons que le parking ! Juste avant d’y arriver en croisant un camion, nous nous prenons un caillou qui fait un bel éclat dans le pare-brise. Et là instantanément on voit la pub de Careglass passer devant vos yeux ! Il faut qu’on répare tout de suite sinon la fissure risque de s’agrandir avec la chaleur et nous serons bon pour changer tout le pare-brise…si tant qu’ils aient ce modèle-là en Australie.

3 options s‘offrent à nous pour gérer ce pépin :

1- Faire un plouf dans la cascade et le garage après? Pas jouable, il est déjà 13h30 et les points de vente ferment hyper tôt à Kununura genre 17h et nous avons 60km à faire en sens inverse!

2- Remettre à demain la réparation pour profiter de la cascade d’el Grotto cet après-midi pour se rafraichir de la chaleur ambiante? Impossible, nous venons d’acheter nos permis pour le fabuleux parc sauvage d’El Questro, valables seulement demain!

3- Bon et bien ils ne nous restent plus qu’à faire demi-tour sans passer par la case baignade dans la cascade d’El Grotto ni par le bivouac à Wyndham, pour avoir une petite chance de trouver un Carglass local sur Kununura.

Mais au fait avec notre assurance locale, sommes-nous assurés pour le bris de glace? Après une rapide relecture de  notre contrat d’assurance, nous sommes couverts à hauteur de AU$1’000  avec une franchise de AU$100. Ca devrait donc le faire. On se met en marche direction l’office du tourisme de Kununura -encore une fois- et récupérons les coordonnées d’un « Careglass ».  Malheureusement, notre impact est trop profond et ce premier garage nous dit qu’il ne peut rien faire au risque d’aggraver le problème. Fort heureusement pour nous, il nous envoie vers un autre établissement qui serait plus à même de nous venir en aide étant mieux équipé. Ni une ni deux, on fonce là-bas avec la crainte que ce soit déjà fermé. Ouf, c’est encore ouvert et après un rapide diagnostic, le type nous dit qu’il peut réparer mais pas ce soir, parce qu’ils sont surchargés. Le rendez-vous est donc pris dès l’ouverture le lendemain matin à 7h30, un moindre mal. Comme il est déjà tard et que nous n’avons pas envie de repasser une nuit à côté de l’aéroport, on décide d’aller très exceptionnellement dans un des campings de la ville. Mais le tarif de AU$40 pour nous 4, nous calme direct. Nous estimons en effet, que dormir dans un camping ne nous apporte rien car nous avons tout ce qu’il nous faut dans notre camping-car. On va donc continuer à faire un maximum de bush camp car les nuits en camping sont de l’argent jeté par les fenêtres. En attendant pour ce soir, compte tenu du contexte particulier, on va rester dans ce camping et au moins profiter de la piscine à défaut d’avoir pu aller nous baigner à El Grotto.

7h le lendemain matin, après une nuit bien plus reposante que la veille, tout le monde est debout et nous sommes au garage dès son ouverture. 30 minutes plus tard, le pare-brise est réparé moyennant AU$90 donc nous n’avons même pas besoin de faire jouer l’assurance. En route pour le parc de El Questro!

En passant devant un gros Baobad à l’heure du petit-déjeuner, Gaspard nous dit « Regardez le gros Kebab ! » On explose tous de rire, Gaspard ayant compris son lapsus. La journée s’annonce bien meilleure!

Pour info, le nom des 2 grandes chaînes de « Careglass local » du Western Australia sont :  Novus et O’Brien.

El Questro Wilderness Park et Emma Gorge

Niché au coeur d’un élevage de bétail de 400’000 hectares, le parc de El Questro se trouve au nord de Kununura. Après 58 kilomètres de route bitumée, nous arrivons à la piste qui nous conduira à l’entrée du parc. Cette piste est en bon état, par contre impossible de rouler à plus de 20km en camping-car à cause de l’effet tôle ondulée du chemin, qui fait vibrer toute la cellule ce qui est assez désagréable pour les passagers arrière. Nous atteignons rapidement l’entrée du parc qui est clairement localisable puisqu’un panneau rappelle que l’accès n’y est autorisé qu’aux détenteurs de permis. En effet, avant de partir nous sommes allés à l’office de tourisme de Kununura pour obtenir nos permis d’accès au parc d’El Questro incluant Emma Gorge. Nous avons dû nous acquitter de AU$24 pour 2 adultes. L’entrée y est gratuite pour les enfants de moins 12 ans.

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Sachant qu’il est déjà 10h30, nous filons d’abord au Zebedee Springs car ils ne sont ouverts au public qu’entre 7h et 12h. Ensuite la zone est privatisée pour un nombre limité de touristes (entre 7 et 12 personnes seulement). Une fois le calme revenu, l’eau des bassins arrive enfin à se renouveler car le courant ici n’y est pas très fort, ce qui peut provoquer le développement de nombreuses bactéries par trop forte fréquentation touristique, d’où un contrôle très strict des rangers du parc. L’eau de ce Hot Spring (courant d’eau chaude) avoisine les 32 degrés. L’endroit est surprenant car par un petit chemin en bois, nous entrons dans une petite forêt tropicale, composée de plus de 18 espèces de palmiers formant à 18m de haut une superbe canopée. Nous parvenons aux petits bassins creusés dans la roche où de nombreux touristes s’agglutinent d’ors et déjà. En grimpant un peu plus haut, nous trouvons notre toute petite baignoire naturelle que nous privatisons illico presto. On s’y baigne 20 minutes et sous l’impulsion des enfants, décidons de partir car on ne peut s’y mouvoir.

L’accès au parc d’el Questro est limité à  Zebedee Spring pour les camping-cars car il faut ensuite traverser là-encore, par deux fois le lit de la rivière Chamberlain River, ce que nous ne pouvons faire avec Elliot dont la garde au sol n’est pas suffisamment haute pour éviter l’infiltration d’eau. En outre, la longueur de notre véhicule ne nous permet pas de descendre les rives sans prendre le risque de rester coincé ou  de poser le moteur dans la rivière et la soute en l’air bloquée par les caillasses de la rive. Donc après Zebedee Springs, nous revenons sur nos pas et prenons la route vers la fameuse Emma Gorge. Il est en effet trop tard et il fait trop chaud pour faire deux randonnées de 3,4km  et 3,2km pour profiter pleinement d’Amalia Gorge et d’Emma Gorge. Les enfants ont juste envie de se baigner.

20km de piste et nous voici arrivés sur le parking d’Emma Gorge, un des rares endroits de la Gibb River Road auxquels nous pourrons accéder avec Elliot. Pour atteindre la gorge, il nous faudra faire une bonne randonnée qui n’est certes pas très longue mais par contre semble assez physique. Le début est simple mais rapidement les choses se corsent. On escalade plus qu’on ne marche. Toutefois, même pour les enfants, cela reste tout à fait accessible. Il faut juste être vigilant et ne pas aller trop vite pour éviter chute et entorse. Nous avions en effet, sous-estimé le terrain et exceptionnellement, n’avons pas mis nos chaussures de randonnées (privilégiant baskets et sandales de marche). Mais après 35 minutes de grimpette, nous découvrons la majestueuse Emma Gorge abritée au coeur de la chaîne des Cockburn Ranges. L’endroit est tout simplement somptueux, spectaculaire que dis-je grandiose. Les eaux selon les reflets oscillent entre le bleu profond, le vert émeraude et le bleu turquoise. Une invitation à la baignade qui ne peut se refuser même pour les plus frileux comme Stéph. Les cascades de 65m de haut coulent encore abondamment à cette période de l’année et forment par endroit comme un rideau de pluie. A l’extrémité droite, caché derrière un rocher, coule un hot spring, un courant d’eau chaude qui permet de se réchauffer dans une espèce de baignoire naturelle. Stéph y passera le plus clair de son temps! La lumière commence à baisser et à force de barboter dans les eaux fraiches de la cascade, on commence à se refroidir. Il est temps de se rhabiller et d’aller au bivouac. Compte tenu de la difficulté de la marche et du fait que le soleil se couche très tôt, il est clairement recommandé de partir avant 15h. Le chemin de retour nous paraitra beaucoup plus court et sera animé par l’observation de notre premier serpent. Malgré sa taille mini, nous resterons à bonne distance ne sachant pas s’il est dangereux ou pas. En tout cas, la photo est dans la boite. Notre journée dans le parc de El Questro s’achève et nous roulons jusqu’au bivouac en plein bush, à quelques kilomètres seulement de l’embranchement pour Halls Creek. Quelle merveilleuse journée!

Direction Broome

La suite du programme n’est pas tout à fait comme nous l’avions imaginé. En effet, la région des Kimberley n’a pas beaucoup à offrir à ceux qui ne voyagent pas en 4X4. Il nous faudra donc revenir en 4×4 la prochaine fois pour découvrir :

-le Parc National de Purnululu / Bungle-Bungle

-le Wolfe Creek Crater, un cratère laissé par une météorite qui atteint presque 1 kilomètre de large et 50 mètres de profondeur.

-le passage souterrain de Tunnel Creek

-Windjana Gorge pour observer des crocodiles d’eau douce se chauffer au soleil sur les rives sablonneuses.

-la Gibb River Road

En outre, nous ne sommes pas autorisés à visiter la mine de diamant de Argyle Mine, l’une des plus importantes au monde. Elle n’est pas ouverte au public (dommage !). On se résout alors à mettre le cap vers Broome. Nous enchainons donc deux jours de route non stop, après avoir passé une nuit en plein bush près de Fitzroy Crossing. Sur le chemin, on fait une petite pause pour aller se dégourdir les jambes et découvrir le Prison Boab Tree – un gros baobab tout rond qui aurait été utilisé dans le passé comme prison pour les Aborigènes.  Toutefois, il n’est pas aussi gros que celui que nous avons découvert sur l’aire de repos, située quelques kilomètres plus tôt. Pour déjeuner, on s’arrête sur la jetée de Derby d’où il est possible d’assister à des marées les plus hautes d’Australie – les plus importantes pouvant atteindre jusqu’à 11 mètres. Il est encore tôt et de l’avis général, on préfère rejoindre Broome. Les derniers kilomètres dont une partie de nuit sont longs et surtout très dangereux car la région est connu pour abriter des Stations, ces énormes fermes de bétail. Contrairement à chez nous, les bêtes ne sont pas enfermées dans un enclos, mais vaquent sur les milliers d’hectares des propriétés, y compris sur les routes. A plusieurs reprises des troupeaux entier bloquent la route. Mais les plus dangereux sont ces jeunes veaux cachés dans les fourrés à l’orée des bois, qui traversent soudainement la route. Certains taureaux sont énormes et on n’ose s’imaginer les dégâts si on en percutait un…jusqu’à ce que nous apercevions sur le bas côté de la route, à droite une voiture totalement défoncée  et à gauche un taureau noir de plus de 600kg de muscles, tué par la collision. La voiture semble s’être pris un mur car il n’y a plus rien devant, comme si le moteur était rentré dans l’habitacle. La bête est couchée sur le flanc, les 4 pattes en l’air. L’accident est récent au regard de l’état de l’animal. On redouble donc de vigilance et levons le pied. Norman ferme son ordinateur et prend son rôle de co-pilote très au sérieux en scrutant assidûment le bas côté droit de la route. 4 paires d’yeux dans ces circonstances valent mieux que deux, surtout quand le soleil rasant, bien que magnifique- altère sérieusement la visibilité. L’arrivée au bivouac sous un coucher de soleil rougeoyant est un soulagement et demain nous profiterons de Broome et de ses plages pour récupérer de ces longues journées de route.

En attendant, l’heure est au bilan. Nous avons adoré traverser cette région bien qu’elle n’ait pu nous dévoiler tout ce qu’elle avait à offrir. Les 1’900 kilomètres entre Darwin et Broome se font finalement assez facilement et mis à part l’épisode de la Quarantaine et le bétail sur la route, nous n’avons eu aucun soucis. Nous voici arrivés à Broome et nous regrettons déjà d’en avoir terminer avec le Red Center et le Northern Territory. Une autre page de notre périple est en train de s’écrire, celle des plages et des parcs nationaux du Western Australia. Mais ça, ça fera l’objet d’un autre article très vite.

Retrouvez l’ensemble de nos photos de l’Australie par la Savannah de Darwin à Broome dans la section Portfolio du site.

Autres sites à consulter pour préparer votre voyage :

Lake Argyle

– www.lakeargyle.com

– www.lakeargylecruises.com

Quarantaine australienne inter-état

www.quarantinedomestic.gov.au

Kununura

–  www.visitkununurra.com 

Les Kimberley

– www.kimberleyaustralia.com

El Questro

– www.elquestro.com.au

Gibb River Road

– www.kimberleyaustralia.com/gibb-river-road

– www.gibbriverroad.net

El Grotto

– www.kimberleyaustralia.com/kununurra-waterfalls

Derby

– www.derbytourism.com.au

Wyndham

– Wyndham

Prison Boab tree

– www.derbytourism.com.au/local-attractions

– www.about-australia.com/attractions/boab-prison-tree/

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  • australie et parc du purnululu et récit de voyage

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