Tous les globetrotters voyageant avec un véhicule à travers le monde vous diront tous la même chose : organiser un shipping n’est pas vraiment pas une partie de plaisir ! Bien au contraire c’est une vraie galère qui prend beaucoup de temps et coûte beaucoup d’argent. Nous sommes livrés à nous-même dans un dédale de démarches dont nous ne connaissons ni les acteurs ni les usages et malheureusement si nous souhaitons faire transiter notre véhicule d’un continent à un autre, nous n’avons souvent pas d’autres choix que de passer par là.

Dans cet article, nous souhaitons décrire la méthode que nous avons appliquée pour organiser les trois shippings de notre voyage autour du monde : de l’Europe à Singapour, de Singapour en Australie, de l’Australie à l’Afrique du Sud. Ce n’est certainement pas la méthode universelle mais le but ici est de partager notre expérience afin de rendre service aux voyageurs qui passeront par là après nous.

1. Choisir son mode de shipping

Il existe trois principaux types de shipping :

– Le RORO ou Roll-On Roll-Off qui consiste à faire transporter son véhicule sur un navire roulier comme le font par exemple les constructeurs automobiles. Le véhicule est chargé et déchargé du bateau en roulant et il est stocké sur un pont à l’intérieur du navire à l’abri des intempéries extérieures. C’est le mode de transport le moins cher.

– Le container qui comme son nom l’indique consiste à charger son véhicule dans un container complètement fermé. Avant d’opter pour cette solution, il faut bien s’assurer que son véhicule a les dimensions adéquates. Il existe principalement deux tailles de container dans le monde : 20 pieds et 40 pieds, cependant certaines compagnies proposent également des containers « Open Top » qui ne disposent pas de toit afin d’y faire entrer les véhicules d’une hauteur conséquente. Ce monde de transport est plus cher que le RORO mais il offre également plus de sécurité car votre véhicule est enfermé dans un container scellé qui ne sera ouvert qu’en votre présence.

– Le Flat Rack qui consiste à transporter votre véhicule sur une plateforme de la taille d’un container mais cette fois-ci sans parois sur les côtés ni toit. Le véhicule est chargé à l’aide d’une grue sur la plateforme qui est ensuite déposée tout en haut des piles de containers du cargo. Ce mode de transport est le plus cher des trois car il nécessite beaucoup de manutention ainsi qu’une grue pour le chargement et le déchargement et en plus votre véhicule est exposé aux vents et aux tempêtes que le bateau devra affronter pendant sa traversée.

Pour nos shippings, nous avons choisi à chaque fois le RORO car c’est le moyen de transport le moins cher et notre camping-car ne rentre pas dans un container. De plus, le Flat Rack est un mode de shipping vraiment hors de prix.

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2. Identifier les compagnies maritimes

Pour chaque shipping, nous avons passé du temps sur les sites internet des sociétés de transport proposant des services de RORO afin d’étudier leurs routes maritimes et d’identifier une liste de compagnies pouvant transporter notre camping-car vers notre prochaine destination.

En général, nous consultions les sites des sociétés suivantes :

Wallenius Wilhelmsen Logistics

Eukor

CMA-CGM

Hoegh Autoliner

K-Line

Mitsui OSK Lines (MOL)

NYK Line

Grimaldi Lines

Ce sont toutes de grandes sociétés de transports maritimes avec une flotte de bateaux importante qui dessert plusieurs continents.

3. Choisir son port de départ et d’arrivée

L’étude des routes maritimes des sociétés de transport nous aide également à déterminer le port de départ et le port d’arrivée de nos shippings. En général, nous choisissions des ports avec un trafic maritime très important afin d’obtenir des coûts de shipping moins élevés et une fréquence de bateau régulière. Par exemple :

– En Europe : Anvers, Rotterdam, Le Havre …

– En Asie du Sud Est : Singapour

– En Australie : Sydney (Port Kembla), Melbourne, Fremantle (Perth)

 – En Afrique du Sud : Durban

4. Choisir son transitaire (au port de départ)

Sauf cas exceptionnel, les compagnies maritimes ne traitent pas en direct avec les particuliers et en général elles ne fournissent que le transport et pas de services annexes comme une assurance maritime, une escorte pour accéder au quai de chargement / déchargement du port, un accompagnement dans les démarches douanières, une prestation de stockage … Donc au bout du compte, le passage par un transitaire est quasi incontournable.

C’est là que les choses se gâtent. Certains d’entre eux vous prendront pour des millionnaires et vous factureront leurs services à prix d’or et d’autres se montreront plus collaboratifs et raisonnable sur le montant de leur devis. Mais alors comment trouver le bon transitaire ? Nous n’avons pas encore trouvé la recette miracle mais voici quelques préceptes que nous avons suivi pour nous en sortir :

– Demander aux compagnies maritimes avec quels transitaires elles ont l’habitude de collaborer. Comme le transitaire est l’intermédiaire entre vous et la société de transport et dont le rôle est d’organiser votre shipping, il est préférable d’en utiliser un qui connait bien le mode de fonctionnement de la compagnie maritime. De plus, certaines sociétés de transport maritime ne sont pas présentes dans tous les ports marchands du monde et utilisent parfois des transitaires exclusifs ou « favoris » dont elles communiquent les coordonnées sur leur site internet. C’est le cas de Hoegh Autoliner par exemple.

– Contacter d’autres globetrotters afin d’avoir leur retour d’expérience sur les transitaires et compagnies maritimes qu’ils ont utilisés pour leurs shippings. En général, les globetrotters ayant recours au shipping partagent ce genre d’informations sur leur blog.

– Contacter le bureau des dockers du port de départ ou le quai de chargement afin de leur demander s’ils connaissent un bon transitaire.

– En dernier lieu, trouver un transitaire dans les pages jaunes et se fier à son instinct.

5. Obtention des devis

Dès lors que nous avions identifié la liste des compagnies possédant des routes maritimes correspondant à nos besoins, nous prenions tout d’abord contact avec elles par email afin de leur demander une offre de shipping. Nous trouvions les coordonnées de leurs agences locales sur leur site internet. Certaines d’entre elles ne souhaitant pas traiter en direct avec les particuliers ou n’ayant pas une représentation physique dans le pays vous réorientent vers un transitaire ou bien elles mettent directement les coordonnées de leurs transitaires favoris ou exclusifs sur leur site internet. Après analyse des premiers contacts et devis reçus de la part des compagnies maritimes, nous contactions plusieurs transitaires par email.

Dans notre demande de devis, nous exprimions le souhait de recevoir les informations suivantes :

– Coût du Fret maritime incluant la BAF (proportion du coût du pétrole dans le prix du shipping) et la CAF (Taux de change utilisé pour le calcul du coût du shipping, en général les prix sont en USD). En général les prix sont exprimés en US Dollars par m3 ou par tonne et le prix retenu par la société de transport est le plus cher des deux.

– Coût de la Bill of Lading*

– Frais portuaires au port de départ et au port d’arrivée

– Frais de manutention et de chargement au port de départ et au port d’arrivée

– Frais relatif aux documents à obtenir à l’arrivée afin de pouvoir récupérer le véhicule (par exemple le Delivery Order fournit par la compagnie maritime sans lequel le port ne vous laissera pas repartir avec votre camping-car)

– Procédure et tarif pour une escorte au quai de chargement au port de départ et au quai de déchargement au port d’arrivée.

– Une assurance maritime pour le camping-car

– Le calendrier des départs

– La fréquence des départs

– La durée du transport

Normalement, il ne devrait pas y avoir d’autres frais que ceux listés ci-dessus dans le devis du transitaire. Si d’autres postes de dépenses apparaissent, il est important de vérifier avec le transitaire à quoi vont servir ces dépenses et si elles sont réellement justifiées, d’autant plus si elles n’apparaissent pas dans d’autre devis. Certains transitaires sont doués pour facturer des services dont l’utilité reste vraiment à démontrer.

Nous fournissions également les informations suivantes afin de faciliter l’établissement de l’offre :

– Type de bien transporté : Camping-Car

– Valeur du bien transporté (information nécessaire pour l’établissement d’une assurance maritime)

– Mode de transport souhaité : RORO

– Dimensions du véhicule

– Poids du véhicule

– Port de départ

– Port d’arrivée

 – Période de départ souhaitée

* La Bill of Lading est un document très important et à conserver précieusement car il s’agit du bon de chargement de votre véhicule sur lequel il est inscrit les informations concernant l’expéditeur du bien transporté mais surtout les informations concernant le destinataire autorisé à récupérer le bien transporté. Donc sans la Bill of Lading, il n’est pas possible de récupérer son véhicule au port. Ce document est fourni par la compagnie maritime ou par le transitaire.

Même si la plupart des compagnies maritimes ne traitent pas en direct avec les particuliers, elles donnent en général le coût de leur transport maritime, le prix pour l’établissement de la Bill of Lading ainsi que les frais portuaires. Ces informations sont très intéressantes car elles permettent de connaitre le coût réel du transport entre le port de départ et d’arrivée et donc de voir si le transitaire prend une marge sur ces services sur lesquels il n’a pas ou peu de valeur ajoutée. Et dans le cas où le transitaire s’avèrerait être trop gourmand, cela nous donne la marge de négociation.

Il est important de toujours obtenir plusieurs devis, au minimum trois ou quatre car d’un transitaire à l’autre les prix peuvent fortement variés pour un même shipping. Nous avons eu des cas où il y avait 50% d’écart entre le plus cher et le moins cher.

Suite à l’étude des devis que nous avons obtenu durant notre voyage, voici quelques exemples de coûts de shipping (hors assurance, frais portuaires et de transitaire)

– Belgique (Anvers) – Singapour : 62 USD / m

– Singapour – Australie (Melbourne) : 60 USD / m

– Australie (Fremantle) – Singapour ou Bangkok : 60 USD / m

– Australie (Fremantle) – Afrique du Sud (Durban) : 130 à 145 USD / m3

Pour obtenir les prix les plus bas, il est important de choisir des traversées dont le trajet est direct entre le port de départ et le port d’arrivée. Dès lors que le trajet n’est pas direct, un transshipment a lieu en cours de route dans un port choisi par la compagnie maritime et cela génère alors des frais supplémentaires qui font augmenter significativement le coût par m3. Lors du transshipment, votre véhicule est déchargé du bateau puis rechargé sur un autre afin ensuite d’être livré au port d’arrivée.

6. Choisir son shipping

Dans le cadre du choix final de notre shipping, les trois principaux paramètres que nous prenons en compte sont :

– le prix

– la durée du transit : en effet pendant tout le temps de la traversée en bateau, nous nous retrouvons sans notre camping-car, donc sans notre maison roulante où nous dormons et cuisinons chaque jour. Nous sommes dès lors obligés d’aller dormir à l’hôtel ou en guest house ou encore chez l’habitant et d’aller prendre nos repas au restaurant ou dans des take aways. Tous ces frais mis bout à bout pendant plusieurs semaines représentent vite des sommes importantes dont il faut tenir compte lors de sa décision finale,

– les ports de départ, d’arrivée et de transshipment : en matière de sécurité et de surveillance, tous les ports du monde ne sont pas tous au même niveau, loin de là. Ainsi, nous avons toujours été vigilent sur le choix des ports afin de minimiser les risques de vol et de dégradations à l’égard de notre camping-car.

7. Choisir son transitaire (au port d’arrivée)

La méthode que nous avons appliqué pour choisir un transitaire au port d’arrivée est la même que celle exposée ci-dessus dans le cadre du choix du transitaire au port de départ car la problématique reste la même : il faut trouver une société sérieuse qui connaisse bien le fonctionnement du port et qui soit en mesure de vous aider à sortir rapidement votre véhicule de la zone portuaire sans vous facturer une somme astronomique. En général, les coûts à payer correspondent aux frais portuaires (frais de quai et de déchargement) et au frais d’escorte jusqu’au quai plus les éventuelles frais d’agence du transitaire.

Nous espérons que cet article vous aidera à y voir plus clair dans le monde du shipping et vous facilitera la tâche lors de vos démarches.

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2 Réponses

  1. agence de voyage en thaïlande depart maroc

    Salut La KUMP Family , voilà donc mon premier commentaire dans ce joli site. Un grand merci de ma part pour toutes les informations concernant le sujet »tour du monde comment preparer le shipping de son vehicule » » . Moi, je partage donc maintenant sur ma page fb. Encore pour la deuxième fois merci.

    • La KUMP Family

      Hello, toutes nos excuses pour le retard de cette réponse…difficile de concilier voyage et internet quand on voyage en camping-car. Nous sommes ravis de lire que nos articles rendent services à d’autres accros au voyage comme nous !!!! Merci d’avoir partagé notre article et à dispo si on peut t’aider. La Kump Family